Mer. 30 sept. 2026 — 20h00Réserver
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Kader Bueno

Kader Bueno au cinéma : Les Segpa, Les Segpa au ski, Sous écrous

2 min de lecture

Trois films, entre 2022 et 2024 : « Les Segpa » (2022), où il tient le rôle de Kader, « Les Segpa au ski » (2023), et « Sous écrous » (2024). Le passage à l'écran n'est pas un détour pour un magicien de scène — c'est un exercice qui retire précisément ce sur quoi repose son métier : le direct, l'objet qu'on peut faire examiner, et un public dont on sent la respiration.

On le connaît pour ses spectacles, moins pour ses rôles. Il a pourtant tourné dans trois longs métrages en trois ans, et le passage est moins évident qu'il n'y paraît.

Les trois films

  • Les Segpa (2022) — il y tient le rôle de Kader. La comédie a réuni une bonne partie de la génération issue du stand-up et des réseaux.
  • Les Segpa au ski (2023) — la suite, même personnage.
  • Sous écrous (2024) — il y apparaît aux côtés d'une partie de la même distribution.

Ces trois titres ont un point commun avec son parcours de scène : ils viennent du même écosystème — celui du stand-up français des années 2010, dont le Jamel Comedy Club a été l'une des portes d'entrée principales. Ce parcours est raconté dans l'article sur son passage de la rue au Club.

Ce que la caméra retire à un magicien

Trois choses, et ce sont exactement les trois qui font la valeur d'un tour en direct : l'unicité de la prise — en salle il n'y a qu'une tentative, au tournage il peut y en avoir cinquante ; le choix du cadre — un spectateur regarde où il veut, une caméra décide pour lui ; et la possibilité d'examiner — on ne tend pas un objet à travers un écran.

C'est pourquoi une vidéo impressionnante ne renseigne pas sur ce qu'un artiste vaut à un mètre de vous. Le sujet est développé dans l'article sur la magie en vidéo, et il vaut aussi pour le cinéma : un tour filmé n'est pas un tour, c'est un plan.

Et ce qu’elle apporte

Jouer un rôle écrit par quelqu'un d'autre est, pour un artiste de scène, un exercice inhabituel : sur un plateau de tournage, il n'y a ni retour du public, ni possibilité d'ajuster en direct, ni cette latitude d'improvisation que la rue enseigne. On y apprend l'inverse de ce que la rue apprend — tenir une intention identique à la douzième prise.

Pour quelqu'un dont la formation est faite de centaines de passages sur un trottoir, où chaque représentation est unique et jamais rejouée, c'est un déplacement complet du métier. Les deux se nourrissent : la caméra oblige à la précision, la rue oblige à la présence.